IA et RGPD : comment utiliser l'intelligence artificielle en restant conforme dans votre PME

Transcrire une réunion, trier des CV, résumer des contrats : l’IA générative s’installe dans le quotidien des TPE et PME. Or presque tous ces usages manipulent des données personnelles. Concilier IA et RGPD devient donc une question pratique pour chaque dirigeant, et plus seulement un sujet de juristes.

Par ailleurs, un second texte s’ajoute au RGPD : l’AI Act européen, dont les premières interdictions s’appliquent depuis le 2 février 2025.

Réponse courte

Le RGPD s’applique dès qu’un outil d’IA traite des données personnelles : noms, e-mails, voix, CV, dossiers clients. Une PME doit alors définir une finalité précise et choisir une base légale. Elle limite ensuite les données transmises, informe les personnes, encadre le contrat du fournisseur et sécurise les échanges. L’AI Act complète ce cadre en interdisant certaines pratiques et en imposant des obligations de transparence.

IA et RGPD : pourquoi l'intelligence artificielle pose-t-elle question ?

batiment izitek avec des infos sur la cybersécurité pour les PME TPE en france

Un outil d’IA traite les informations que l’utilisateur lui confie, et parfois les conserve. Ainsi, un salarié qui colle un tableau de paie dans un assistant transmet des données personnelles à un prestataire externe. L’entreprise reste pourtant responsable de ce traitement au sens du RGPD. Ce risque de fuite rejoint les enjeux décrits dans notre guide informatique pour les TPE et PME.

La CNIL a précisé cette articulation dans ses recommandations sur l’IA, finalisées le 22 juillet 2025. Elle y rappelle notamment qu’un modèle entraîné sur des données personnelles relève parfois lui-même du RGPD, car il peut les mémoriser. Elle a aussi lancé une réflexion sur l’usage de l’IA dans le monde du travail.

Les principes du RGPD appliqués à l'IA

Les règles du RGPD ne changent pas avec l’IA. Toutefois, leur application demande une attention particulière, comme pour la vidéosurveillance en entreprise, autre domaine suivi de près par la CNIL.

RGPD réglementation

D'abord, une finalité précise

Chaque usage doit répondre à un objectif clair et déterminé, par exemple « résumer les comptes rendus de réunion ». Un outil adopté « pour tout faire » rend la conformité impossible à démontrer.

Ensuite, une base légale

Chaque usage doit répondre à un objectif clair et déterminé, par exemple « résumer les comptes rendus de réunion ». Un outil adopté « pour tout faire » rend la conformité impossible à démontrer.

Puis la minimisation des données

Seules les données nécessaires doivent donc entrer dans l’outil. Anonymiser un document avant de le soumettre, ou retirer les noms d’un tableau, réduit fortement le risque.

Par ailleurs, l'information des personnes

Clients, salariés et candidats doivent savoir qu’un outil d’IA traite leurs données. La politique de confidentialité et les mentions d’information doivent donc évoluer avec les usages.

Enfin, la sécurité et les transferts

Les données envoyées à un fournisseur hors de l’Union européenne constituent en effet un transfert encadré. Le choix d’un hébergement en Europe, ou d’une solution installée en interne, simplifie fortement la conformité.

Ce que l'AI Act ajoute pour les entreprises

L’AI Act ne remplace pas le RGPD : il s’y ajoute, avec une logique fondée sur le niveau de risque. Il concerne aussi bien les éditeurs que les entreprises utilisatrices, comme l’explique notre page sur la cybersécurité des entreprises.

  • Pratiques interdites depuis le 2 février 2025 : notamment l’analyse des émotions des salariés et la catégorisation biométrique selon des traits sensibles.
  • Transparence depuis le 2 août 2026 : un chatbot doit ainsi signaler qu’il s’agit d’une IA, tandis que certains contenus générés deviennent identifiables.
  • Systèmes à haut risque à partir du 2 décembre 2027 : enfin, les outils de recrutement ou d’évaluation des salariés relèvent de cette catégorie. Le règlement européen du 24 juillet 2026 a reporté cette échéance.

Pour les pratiques interdites, les sanctions de l’AI Act atteignent 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial. Pour les PME, le montant le plus faible s’applique toutefois. Ces amendes s’ajoutent à celles du RGPD, qui peuvent atteindre 4 % du chiffre d’affaires mondial.

Quels risques concrets pour une TPE ou une PME ?

Les risques ne viennent pas seulement des sanctions.

  • Fuite de données : un fichier clients transmis à un outil grand public échappe alors au contrôle de l’entreprise.
  • Décision contestable : un tri automatique de CV peut écarter un candidat sans justification, ce qui expose à un recours.
  • Perte de confiance : un client qui découvre l’usage de ses données sans information peut aussi rompre la relation.
  • Contrôle de la CNIL : enfin, une plainte suffit à déclencher une vérification, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Les pirates exploitent par ailleurs ces outils, comme le montre notre article sur les attaques assistées par l’IA.

La méthode en six étapes pour une IA conforme

Recenser les usages d'IA

Listez les outils utilisés, officiellement ou non, avec les données concernées. Cet inventaire s’appuie utilement sur une gestion de parc informatique qui recense aussi les logiciels.

Mettre à jour le registre des traitements

Chaque usage d’IA impliquant des données personnelles figure ensuite dans le registre, avec sa finalité et sa durée de conservation.

Vérifier les contrats des fournisseurs

L’article 28 du RGPD impose un contrat avec chaque sous-traitant. Vérifiez notamment le lieu d’hébergement, la non-réutilisation des données pour l’entraînement et les mesures de sécurité.

Réaliser une analyse d'impact si nécessaire

Une analyse d’impact (AIPD) s’impose pour les traitements à risque, notamment l’évaluation des salariés. Elle aide aussi à choisir les bonnes protections.

Former les équipes

Les salariés doivent donc savoir quelles données ne jamais saisir dans un outil d’IA. Une formation courte et une charte d’usage suffisent souvent à éviter les erreurs les plus graves.

Sécuriser les accès et les échanges

Double authentification, droits limités et sécurité des serveurs protègent les données exploitées par l’IA. Un cloud d’entreprise hébergé en France simplifie aussi la question des transferts.

Comment Izitek accompagne une TPE ou une PME

Le Groupe Izitek, basé à Éguilles près d’Aix-en-Provence, aide ainsi les dirigeants à intégrer l’IA dans un environnement sécurisé. L’accompagnement couvre le choix des outils, leur hébergement et la protection des données.

DG Conseil, société du groupe labellisée ExpertCyber, intervient sur la sécurisation des accès et la rédaction des règles d’usage. Like-IT assure le suivi avec un référent dédié, qui vérifie la configuration des outils au quotidien. Pour les données documentaires, la gestion électronique des documents structure les accès avant toute exploitation par l’IA.

Une IA hébergée en interne reste aussi possible grâce aux modèles européens, comme l’explique notre article sur Mistral Large 4 pour les PME. Les besoins de formation peuvent enfin passer par Ludorium, l’organisme de formation du groupe.

Quels résultats peut-on mesurer ?

La conformité d’une démarche IA se suit avec quelques indicateurs :

  • la part des usages d’IA inscrits au registre des traitements ;
  • le nombre de contrats fournisseurs vérifiés ;
  • la part des salariés formés aux règles d’usage ;
  • ainsi que le nombre d’outils hébergés dans l’Union européenne.

Ces éléments rejoignent les exigences de sécurité décrites dans notre article sur NIS2 et l’infogérance.

Exemple concret

Exemple illustratif : un cabinet de conseil en ressources humaines de huit personnes, suivi par notre agence de Marseille, veut présélectionner des CV par IA. Le dirigeant découvre alors que cet usage deviendra un système à haut risque en décembre 2027.

Il choisit alors de limiter l’IA à la mise en forme des CV, sans tri automatique. Il inscrit l’usage au registre, informe les candidats et retient un outil hébergé en Europe. La décision de présélection reste humaine, ce qui réduit fortement le risque juridique.

À retenir

  • Le RGPD s’applique dès qu’un outil d’IA traite des données personnelles.
  • Finalité, base légale, minimisation et information restent les règles de base.
  • L’AI Act interdit déjà certaines pratiques, comme l’analyse des émotions au travail.
  • Un hébergement européen et des contrats vérifiés simplifient ainsi la conformité.

Conclusion

Concilier IA et RGPD reste à la portée d’une TPE ou d’une PME. Il suffit de traiter chaque usage comme un traitement de données à part entière. Finalité claire, données limitées, fournisseur encadré et équipes formées constituent le socle. L’AI Act ajoute des interdictions et des échéances qu’il faut suivre, notamment pour le recrutement à partir de décembre 2027.

Vous souhaitez savoir quelles actions prioriser dans votre entreprise ? Contactez Izitek pour échanger sur votre environnement. Ensemble, nous identifierons une feuille de route adaptée à vos enjeux, votre activité et votre budget.

FAQ : questions fréquentes sur l'IA et le RGPD

C’est possible avec une offre professionnelle qui garantit la non-réutilisation des données et un encadrement contractuel. La version gratuite grand public est en revanche à proscrire pour des données personnelles. Dans tous les cas, l’usage doit figurer au registre et respecter la minimisation.

Oui, lorsque l’outil traite leurs données, par exemple pour transcrire des réunions ou analyser des performances. Il faut aussi consulter les représentants du personnel pour les outils qui affectent les conditions de travail. Une information claire évite les tensions.

Le RGPD encadre strictement les décisions entièrement automatisées produisant des effets importants, comme un refus d’embauche. La personne a notamment le droit d’obtenir une intervention humaine. Mieux vaut donc garder l’IA en appui de la décision, pas à sa place.

Oui, à condition d’informer les interlocuteurs, de définir une finalité et une durée de conservation. Les centres de relation client, comme Izidev au sein du groupe, appliquent ce type de règles. La téléphonie sur IP permet de paramétrer l’enregistrement et sa conservation.

La CNIL publie des fiches pratiques sur l’IA, accessibles gratuitement. Pour l’aspect technique, votre prestataire informatique vérifie l’hébergement, les accès et la sécurité des outils. Un juriste ou un délégué à la protection des données complète utilement l’analyse sur les cas complexes.